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25/01/2012

Les enfants du parloir

Cinéma UGC De Brouckère. Publicités. Entre un spot pour une voiture, et un autre pour une boisson gazeuse, une image me saute aux yeux. L'image de la prison de Louvain. La première d'un petit film, tourné par le Mouvement sans Nom flamand. Un petit film dans lequel les prisonniers portaient sur le front une étiquette les qualifiant en fonction de leur crime, ou de leur délit. Assassin, violeur, escroc, trafiquant de drogue. Le tout dans l'ambiance morne, dure, sordide, d'un établissement pénitentiaire. Jusqu'à ce qu'à la fin de l'histoire, un petit garçon en visite remplace l'étiquette stigmatisante par celle de "Papa".

Combien sont-ils, ces enfnts du parloir ? Combien sont-ils, qui ne connaissent de leur père que cet homme derrière es murs, qui n'ont jamais l'occasion de le voir que dans une salle de visites bondée à craquer ? Combien sont-ils qui ne le verront peut-être jamais en liberté (je pense à un petit garçon bouclé dont le père a pris "double perpète") ? Combien sont-ils à avoir été conçus, même, lors de ce que l'on appelle les VHS, les visites hors surveillance ? Je me pose la question chaque fois que je franchis la porte de la prison. Je me demande quel sera l'avenir de ces enfants. Oh, je me doute que la plupart d'entre eux, enfants de courtes peines, connaîtront un destion plus ou moins normal. Mais les autres ? Ceux qui devront vivre avec l'absence du père au quotidien, et la stigmatisation due à son crime, durant de longues années ?

Je me pose la question, au sujet de ces enfants de longues peines, conçus en VHS : enfants de l'epoir, ou de l'irresponsabilité ? Enfants de l'amour, qui continue, qui persiste, malgré les difficultés, ou bouées de sauvetage désespérées ? Enfants sujets ou enfants objets ? Je l'avoue, je ne sais pas. Je suis troublée. Je ne condamne pas ces pères emprisonnées, ces mères qui passent tout leur temps libre au parloir, ces gens qui, pour la plupart, continuent de s'aimer envers et contre tout. Je suis touchée souvent, bouleversée parfois, par ces petits bouts qui transforment le parloir en cour d'école maternelle. Je ne peux pas condamner ce souffle de vie qui transperce les murs et les grilles.

Mais je m'interroge.

Et j'avoue que le film qui a suivi, et pour lequel j'avais payé ma place, m'a paru bien fade.

 

Eleonore

 

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10:16 Publié dans Prisons | Lien permanent | Commentaires (0)

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