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12/04/2012

"J'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !"

J'ai vu récemment la vidéo des évêques de France concernant le "choix de société" que sont censés faire leurs fidèles lors des prochaines élections, présidentielles et législatives. il y est question de beaucoup de choses... ou si peu...

DE la Famille, pour commencer. Famille dont ' "ennemi" semble être le couple homosexuel en tenue de mariage, bien plus que le père violent, que la mère alcoolique, que la misère du chômage, que la séparation due à l'adultère ou aux lieux de travail distants de plusieurs centaines de kilomètres.

De la Vie, ensuite, sous les traits d'un mignon foetus, d'un bébé (qui représente aussi la santé...) dans les bras de jolies infirmières, et d'un vieillard sur un lit d'hôpital. Pas d'allusion à la peine de Mort. Pas d'allusion au suicide des jeunes -détenus ou libres, des agriculteurs, des employés hrcelés au travail. Pas d'allusion à la vie "entre le début et la fin", de la vie de tous les jours. Pas d'allusion à la souffrance atroce du mourant, où aux moyens qu'aura la jeune mère (ou le jeune couple) dans la misère pour élever l'enfant malvenu ?

De l'accueil des étrangers. Que l'on ne peut pas laisser mourir en pleine mer. Mais qu'on peut laisser utiliser comme esclaves par des grands bourgeois, entasser dans des centres de rétention, regarder de haut parce que "ces gens ne sont pas comme nous". Ou employer à tarif réduit dans nos hôpitaux et nos maisons de retraite.

Des handicapés. Qu'elle est mignonne, la petite fille dite "rayon de soleil" ! Mais quid des gamins, et encre plus des adultes, autistes, handicapés moteurs, paraplégiques ? Que vont-ils devenir ? Que prévoira l'Etat, ou l'Eglise, pour eux, après la mort de leurs proches ?

Des SDF. Quelques tentes oranges et une jeune fille qui parle avec l'un d'eux... et quid du relogement ? Du vrai, pas des foyers (qui peuvent être utiles, mais de façon transitoire) ? Quid des gens (qui, non, ne sont pas tous des anges), qui dorment dans des cartons, sous les ponts, sur les escaliers de la Bourse  ? Qui oublient leur détresse dans l vinasse bon marché et la Gordon en canettes ?

Mais quid des derniers entre les derniers, de ceux qui croupissent - parfois à tort, mais là n'est pas la question - derrière les barreaux, dans des conditions pires que celles des poulets en batterie, à trois ou quatre dans une cellule prévue pour deux, parmi les rats et les cafards ? Rien. Pas une image. Pas un mot. Les Evêques de France auraient-ils oublié que bon nombr de martyrs ont croupi dans des geôles ? Que bon nombre de prisonniers se sont convertis ? Que la première personne canonisée, un condamné à mort, le fut sur la Croix par le Christ lui-même ?

Et que " j'étais en prison, et vous ne m'avez pas visité."

Les Evêques pourraient-ils répondre "Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu en prison, sans nous mettre à ton service ? '

Il leur répondra, peut-être, ou peut-être pas, car sa miséricorde est infinie : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. '

22:21 Publié dans Prisons | Lien permanent | Commentaires (0)